Chaque automne, l’avis de taxe foncière relance la même question chez les retraités : existe-t-il un coup de pouce pour les seniors propriétaires ? La réponse est oui, avec un dégrèvement de 100 € réservé aux personnes de condition modeste. Reste à savoir si l’on y a droit, et si l’on doit lever le petit doigt pour l’obtenir.
Dégrèvement de 100 € sur la taxe foncière : ce qu’il faut savoir
Le dispositif prévoit une réduction de 100 € sur la taxe foncière de la résidence principale. Il s’agit d’un dégrèvement et non d’une exonération : l’administration fiscale retire 100 € du montant que vous devez, sans effacer l’impôt en totalité. Si votre taxe foncière est inférieure à 100 €, la réduction s’arrête au montant de la taxe.
Ce dégrèvement concerne les propriétaires de plus de 65 ans dont les ressources restent modestes. Il est géré par la DGFiP et se calcule au moment de l’émission de l’avis de taxe foncière, généralement reçu à la fin de l’été avec un paiement attendu à la rentrée.
Faut-il parler de tranche 65-75 ans ?
La formule « 65-75 ans » circule beaucoup dans la presse, mais le texte fiscal vise d’abord les personnes de plus de 65 ans. Autour de 75 ans, d’autres règles prennent le relais : sous conditions de ressources, les contribuables de plus de 75 ans peuvent être exonérés de taxe foncière sur leur habitation principale, ce qui est plus avantageux qu’un dégrèvement de 100 €. La tranche d’âge évoquée dans les articles correspond donc surtout à la période où ce coup de pouce s’applique avant que l’exonération n’entre en jeu.
Les conditions pour en bénéficier à partir de 65 ans
Trois critères se combinent. Il faut avoir plus de 65 ans au 1er janvier de l’année d’imposition, occuper le logement comme habitation principale et ne pas dépasser un plafond de ressources. Un bien secondaire, une maison louée ou un local professionnel ne donne droit à rien.
| Critère | Ce qui est vérifié |
|---|---|
| Âge | Plus de 65 ans au 1er janvier de l’année de l’impôt |
| Logement | Habitation principale du propriétaire |
| Ressources | Revenu fiscal de référence du foyer sous le plafond fixé pour le nombre de parts |
| Année de référence | Revenus de l’année N-2 (ceux de 2024 pour la taxe foncière 2026) |
Comment le plafond de ressources est apprécié
L’administration compare le revenu fiscal de référence de votre foyer fiscal avec un seuil qui augmente avec le nombre de parts. Elle regarde l’année N-2 : pour un avis de taxe foncière émis en 2026, ce sont donc les revenus déclarés en 2025 sur les revenus 2024 qui servent de base. Les seuils sont revalorisés chaque année, et le montant exact à ne pas dépasser dépend de votre situation familiale et de votre lieu de résidence (la métropole et les outre-mer n’ont pas les mêmes barèmes).
Pour savoir où vous vous situez, ouvrez votre dernier avis d’imposition sur le revenu et repérez la ligne « revenu fiscal de référence » ainsi que le nombre de parts. Les plafonds en vigueur sont publiés sur impots.gouv.fr et dans la documentation officielle de l’administration (BOFiP).
65 ans ou 75 ans : le seuil à ne pas confondre
Le dégrèvement de 100 € s’adresse aux plus de 65 ans. Après 75 ans, l’exonération totale de taxe foncière peut s’appliquer sous conditions de ressources, et elle remplace alors le dégrèvement. Si vous approchez de cet âge, vérifiez la règle qui vous sera la plus favorable l’année suivante.
Faut-il faire une démarche ou est-ce automatique ?

Dans la grande majorité des cas, rien à demander. Il s’agit d’un dégrèvement d’office : l’administration connaît votre âge, votre adresse et vos revenus, elle applique donc la réduction toute seule lorsque les conditions sont remplies. Vous n’avez aucun formulaire à envoyer ni justificatif à fournir.
Pour le vérifier, consultez votre avis de taxe foncière, en ligne dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr ou sur le papier reçu à la maison. Une ligne indique les dégrèvements ou les exonérations appliqués, et le montant final doit tenir compte de la réduction de 100 €.
Si le dégrèvement n’apparaît pas alors que vous y avez droit
Une erreur peut se produire, par exemple après un déménagement, un changement de situation familiale ou une déclaration de revenus tardive. Dans ce cas, il faut adresser une réclamation au service des impôts des particuliers, par la messagerie sécurisée de votre espace en ligne ou par courrier. Pensez à joindre votre avis de taxe foncière et votre avis d’imposition sur le revenu.
Le délai de réclamation court jusqu’au 31 décembre de l’année qui suit la mise en recouvrement de l’impôt. Passé ce délai, la demande n’est plus recevable, ce qui justifie de contrôler l’avis dès sa réception plutôt que de le ranger dans un tiroir.
Les autres aides fiscales à vérifier en complément
Le dégrèvement de 100 € n’est qu’une pièce d’un ensemble plus large d’aides destinées aux seniors et aux ménages modestes. Selon votre profil, d’autres mesures peuvent se révéler plus avantageuses, voire se cumuler avec lui.
- L’exonération de taxe foncière pour les plus de 75 ans, ou pour les bénéficiaires de l’ASPA ou de l’ASI, sous conditions de ressources.
- Le plafonnement de la taxe foncière en fonction des revenus, qui limite l’impôt à une part du revenu du foyer et se demande auprès de l’administration.
- L’abattement ou l’exonération décidés par certaines collectivités locales, qui varient d’une commune à l’autre.
- Les mesures pour les personnes en situation de handicap, dont l’abattement sur la valeur locative ou l’exonération selon les cas.
Pour ces aides, la mairie et le service des impôts restent les interlocuteurs les mieux placés, car certaines dépendent de délibérations locales. N’hésitez pas à poser la question au guichet ou par messagerie : un abattement communal oublié peut représenter plus que les 100 € du dégrèvement national.
En pratique : les bons réflexes à adopter

Chaque année, trois vérifications suffisent. Contrôlez votre revenu fiscal de référence sur l’avis d’imposition, regardez si la réduction de 100 € figure bien sur l’avis de taxe foncière, puis réclamez rapidement en cas d’absence. Les montants, les seuils de ressources et les règles peuvent évoluer d’une année sur l’autre, d’où l’intérêt de vérifier les chiffres de 2026 sur impots.gouv.fr avant de conclure.
Pour les retraités qui voient leurs revenus varier, par exemple après un départ à la retraite ou un décès du conjoint, la situation peut changer d’une année sur l’autre. Un foyer qui dépasse le plafond une année peut y repasser la suivante : mieux vaut donc ne pas écarter d’emblée ce dégrèvement sur la foi d’un seul exercice passé.





