Acheter un bien via une société civile immobilière n’échappe pas aux frais de notaire classiques. La question revient souvent chez les futurs associés : le montant change-t-il par rapport à un achat en nom propre ? La réponse est non sur le principe, mais quelques particularités méritent d’être connues avant de signer.
Pour un achat immobilier ancien via une SCI, comptez entre 7 et 8 % du prix de vente en frais de notaire. Pour un achat immobilier neuf, la fourchette descend à 2-3 %. Sur un bien à 300 000 €, cela représente environ 21 000 à 24 000 € dans l’ancien, contre 6 000 à 9 000 € dans le neuf. Ces frais sont dus par la SCI elle-même, qui doit disposer de la trésorerie nécessaire au moment de la signature de l’acte.
Composition des frais de notaire en SCI
Le terme « frais de notaire » regroupe en réalité trois postes bien distincts, et seule une petite partie revient réellement au notaire.
Droits de mutation (DMTO)
Les droits de mutation, ou DMTO, constituent le poste le plus lourd de la facture. Ils sont collectés par le notaire pour le compte de l’État, du département et de la commune. Leur taux varie selon le département, mais tourne généralement autour de 5,80 % du prix d’achat dans l’ancien. Ce montant s’applique de la même façon qu’un particulier achète en nom propre ou qu’une société civile immobilière porte l’acquisition.
Émoluments du notaire
Les émoluments du notaire correspondent à sa rémunération pour la rédaction de l’acte de vente. Ils suivent un barème notaire réglementé, dégressif par tranches de prix, fixé par décret. Ce barème est identique pour tous les acquéreurs, qu’il s’agisse d’une personne physique ou d’une SCI : aucune remise ni majoration n’est prévue du seul fait de la forme sociétaire.
Débours et contribution de sécurité immobilière
Les débours regroupent les sommes avancées par le notaire pour obtenir les documents nécessaires : extrait cadastral, état hypothécaire, documents d’urbanisme. S’y ajoute la contribution de sécurité immobilière, une taxe qui finance la publicité foncière et garantit l’opposabilité de la vente aux tiers. Ces frais sont relativement fixes et pèsent peu dans le total, contrairement aux droits de mutation.
Calcul des frais d’acquisition : ancien vs neuf
La différence entre neuf et ancien reste le facteur le plus déterminant dans le calcul final des frais d’acquisition, bien plus que la structure juridique de l’acheteur.
Achat dans l’ancien (7 à 8 %)
Dans l’ancien, les droits de mutation sont calculés au taux plein, ce qui explique une facture globale comprise entre 7 et 8 % du prix. Une SCI qui achète un immeuble de rapport ancien doit donc intégrer ce coût dans son plan de financement dès le départ, souvent en complément de l’apport des associés.
Achat dans le neuf (2 à 3 %)
Un bien neuf, au sens fiscal, bénéficie d’un régime de TVA immobilière qui remplace une partie des droits de mutation classiques par une taxe réduite. Le total tombe alors à 2-3 % du prix. Ce cas concerne notamment les SCI qui achètent en VEFA pour louer ou revendre après quelques années.
Exemple chiffré sur 300 000 €
Achat ancien : environ 22 500 € de frais (droits de mutation ~17 400 €, émoluments ~3 500 €, débours et CSI ~1 600 €).
Achat neuf : environ 7 500 € de frais, TVA immobilière déjà comprise dans le prix affiché.
Cas spécifiques en SCI

Trois situations propres à la société civile immobilière modifient la manière dont les frais se calculent ou s’appliquent.
Achat direct du bien par la SCI
Lorsque la SCI achète directement un bien auprès d’un vendeur, elle suit exactement le même parcours qu’un acquéreur particulier. La rédaction des statuts et l’immatriculation INPI de la société doivent toutefois être finalisées avant la signature, ce qui ajoute un délai administratif mais pas de frais de notaire supplémentaires liés à l’acquisition elle-même.
Apport en nature d’un bien immobilier
Quand un associé apporte un bien déjà en sa possession à la SCI, on parle d’apport en nature. Cette opération passe aussi devant notaire et génère des frais, mais leur base de calcul et leur régime fiscal diffèrent d’un achat classique. Le droit d’apport est en général plus favorable que les droits de mutation d’une vente ordinaire, ce qui explique pourquoi certains propriétaires choisissent cette voie plutôt qu’une cession classique.
Cession de parts de SCI existante
Racheter des parts sociales d’une SCI déjà propriétaire d’un immeuble est une opération distincte de l’achat d’un bien. La cession de parts est soumise à un droit d’enregistrement de 5 % sur le prix de cession, sans passer par les mêmes droits de mutation qu’une vente immobilière directe. C’est souvent moins coûteux, mais l’acheteur reprend aussi le passif éventuel de la société.
Qui paie les frais de notaire dans une SCI ?
Dans une acquisition en SCI, les frais de notaire sont juridiquement à la charge de la société elle-même, et non des associés à titre personnel. En pratique, la SCI doit disposer des fonds sur son compte bancaire au moment de la signature, alimentés par les apports des associés ou par un emprunt souscrit par la société. Certains statuts prévoient une répartition précise de ces frais entre associés en cas d’apport ou de sortie, mais pour un achat classique, c’est la trésorerie sociale qui règle la facture.
Peut-on réduire ou négocier les frais de notaire ?

La négociation frais notaire reste limitée puisque les émoluments suivent un barème fixe et que les droits de mutation sont des taxes publiques non négociables. Une petite marge existe cependant sur certains actes accessoires, où le notaire peut consentir une remise partielle au-delà d’un certain montant de transaction, dans les limites autorisées par la réglementation.
La véritable optimisation fiscale se joue plutôt en amont, dans le choix de la structure de l’opération. Privilégier un achat en VEFA, envisager une cession de parts plutôt qu’un rachat direct du bien, ou structurer un apport en nature dans certains cas familiaux, sont des leviers qui pèsent bien plus sur la facture finale que toute tentative de négociation directe avec le notaire.





